Pour Louis Le Guennec, «l’église de Saint-Jean-du-Doigt est le plus beau monument gothique du Finistère, après les cathédrales de Quimper et de Saint-Pol-de-Léon, et les chapelles de Kreisker et du Folgoët. Son architecture est d’une sveltesse, d’une légèreté, d’une élégance et d’une harmonie de proportions qui charme dès que l’on pénètre dans le cimetière».

L’enclos paroissial comprend l’église avec son ossuaire, un arc de triomphe, un calvaire, un oratoire, une fontaine, le cimetière, sans oublier son trésor présenté dans une vitrine accessible tous les jours au public.

L’église:

 

Saint-Jean-du-Doigt, autrefois appelé Traon-Mériadec (vallée de Mériadec), est à l’origine une trève dépendant de Plougasnou. Au début du XVème siècle, l’histoire raconte que l’un de ses habitants aurait rapporté de Saint-Jean-de-Day en Normandie une relique, le doigt de Saint Jean-Baptiste. Le Duc de Bretagne Jean V aurait alors décidé de faire construire en ce lieu une église digne d’abriter une telle relique.

La première pierre aurait été posée en 1440, mais l’édifice est achevé 73 ans plus tard grâce à la Duchesse Anne. Souffrant de son œil gauche, elle se serait rendue à Saint-Jean-du-Doigt pour se faire appliquer la relique aux vertus miraculeuses sur son œil malade. Guérie, elle fait un don à l’église pour poursuivre les travaux. L’édifice donne alors son nom au village qui devient un lieu de pèlerinage très fréquenté.

Le clocher de l’église était autrefois surmonté d’une flèche en bois recouverte de plomb de 17 mètres de haut. Celle-ci est détruite par la foudre en 1925. De même, un violent incendie dévaste le monument dans la nuit du 5 au 6 novembre 1955. Le retable et le mobilier intérieur est détruit mais par chance le trésor, protégé par sa vitrine sera sauvé des flammes.

 

 

 

 

Les vitraux: 

 

 

 

Les vitraux, œuvre de Louis-René Petit, peintre et maître verrier à Orléans, ont été bénis par l’évêque de Quimper le 24 juin 1990, jour du pardon de Saint-Jean-du-Doigt.

L’artiste a voulu signifier et non représenter, donner un sens et non figurer, laisser l’imagination aller au-delà de l’indispensable clôture tendue à travers les baies.

Les thèmes abordés sont le baptême du Christ et la transfiguration pour la grande verrière du chevet, l’arbre de Jessé pour le vitrail de la chapelle de l’Isle et l’apocalypse pour la baie du porche sud.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’oratoire :

 

 

Modèle de l’architecture de la Renaissance Bretonne, sa construction fut décidée par le Conseil de Fabrique le 26 août 1576. Sa construction n’a duré qu’un an comme en témoigne le cartouche sur la corniche de la porte et qui porte la date en chiffres arabes : 1577. Il était destiné à la Confrérie du Saint Sacrement d’où son nom Oratoire du Sacre.

La construction se fit sous la direction de Maître Michel Le Borgne et de Pierre Guyader, l’un et l’autre qualifiés tailleurs de pierre. Le granit employé provient des carrières de L’Ile Grande et de Trévezvor. Jacques Chrétien, statuaire à Morlaix, meubla l’oratoire de deux statues dorées de la vierge et de Saint-Jean-Baptiste. Les consoles qui soutenaient ces statues existent toujours.

Les sablières sculptées qui font à l’intérieur le tour du monument sont interrompues par des bustes saillants d’anges portant des écus ou les instruments de la Passion. L’artiste qui a réalisé ces sculptures, a aussi figuré différents petits personnages, certains arrachent la langue ou la queue du dragon, d’autres marchent sur la tête ou luttent avec un chien, sans oublier des motifs tels que monstres et animaux divers.

 

 

 

 

La fontaine :

 

 

 

 

Le grand bassin ou vasque que nous voyons aujourd’hui date de 1691. Le bassin est d’un profil large comme celui d’une corbeille à peine moulurée, orné de têtes plates espacées d’un type archaïque, dont le rang supérieur fait office de trop plein.

Autour de la colonne centrale, trois vasques superposées alimentent la fontaine en déversant l’eau par les bouches des têtes d’angelots qui les ornent. Des figurines de plomb, dont certaines trop endommagées ont été déposées par mesure de préservation, habillent le monument.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’arc de triomphe :

 

Le portail du cimetière est l’un des plus jolis et des plus anciens arcs de triomphe de Basse Bretagne. Il se compose d’une grande baie de style gothique qui remonte aux premières années du XVIème siècle, accompagnée à droite d’une petite partie cintrée destinée aux piétons. A l’époque de sa construction, l’arc de triomphe de Saint-Jean-du-Doigt était couronné par une terrasse horizontale entourée d’une rampe de fer. C’est de cette terrasse que les jours de Pardon, la messe était dite pour les pélerins stationnés sur la place et dans les champs voisins. En effet, les jours de Pardon, les messes étaient multipliées : dans l’église, dans l’oratoire du Sacre et sur la terrasse de l’arc de triomphe. En 1821, la terrasse disparut et le sommet de l’arc prit sa forme actuelle de dos d’âne.

 

 

 

La croix du cimetière

 

 

 

 

 

 

 

Il s’agit d’une croix de mission qui date de 1877. Sculptée dans du granit à Quimper, elle a été transportée jusqu’à Saint-Jean-du-Doigt par charrette. Le socle porte l’inscription en breton «O va Jezuz Trugarez» et en dessous «cent jours d’indulgence».